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Durant des décennies, les forestiers du CENTRE DE LA FRANCE jusqu'à la DORDOGNE et aux confins de BRETAGNE, ont produit du bois de pin maritime de qualité, dont on reconnait encore à l'heure actuelle l'intérêt dès qu'il s'agit d'en utiliser les produits pour du "sans noeud" ou du tranchage.
La question de savoir si ces pins devaient être conduits en peuplements purs ou non ne se posait pas, puisque, par définition, les pins constituaient une partie des peuplements, le reste étant la plupart du temps constitué de châtaigniers, de chênes et quelquefois de bouleaux ou de trembles.
Ce système de production, sans être tout à fait en phase avec ce que demanderait une démarche PRO SILVA, s'en rapproche néanmoins sur des points essentiels.
ANALYSE DES PRODUCTIONS |
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Les pins étaient destinés à produire de gros bois ; on ne les exploitait qu'à partir du moment où ils avaient une dimension suffisante, sans aucune préoccupation d'âge, les plus fins étant laissés debout.
Les châtaigniers (lorsqu'ils entraient dans le mélange) étaient exploités selon les besoins de l'économie locale.
En quelque sorte, au lieu d'enlever des bois d'éclaircie constitués de pins, comme cela est le cas en peuplement pur, ce sont les châtaigniers qui servaient de réservoir d'éclaircie au profit des pins.
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Financièrement, ces éclaircies étaient d'un rendement bien supérieur à ce qu'elles auraient pu procurer avec du pin à 10, 15 ou 20 ans. Les produits, piquets, parquet et, au plus mal, trituration étant payés aussi cher et souvent plus que les bois de même diamètre en pin, l'accroissement volume d'un taillis de châtaignier étant égal sinon supérieur à celui d'un semis pur de pin.
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LES COMPORTEMENTS DES ARBRES
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S'inquiétait-on de laisser des pins de 25/30 ans debout après une coupe de taillis ? Absolument pas, et les pins non plus d'ailleurs.
Ainsi les grandes "ficelles", parfaitement élaguées par le taillis se retrouvaient isolées, et aujourd'hui on crierait au sacrilège, que ces arbres ne redémarrent pas, qu'ils vont tomber, que ce seront des nids à champignons et autres catastrophes.
Aujourd'hui, ces arbres de 180 à 200 cm de tour sont l'objet d'une chasse de spécialistes, de marchands de bois qui savent ce qu'il y a dedans.
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Dire que tous sont restés debout, qu'il n'y a pas de champignons, évidemment non, il y a toujours et partout des "pépins" dans un processus aussi long que celui concernant la production forestière.
Mais justement, il y a peut-être un moyen de réduire les risques tout en tenant compte des enseignements à tirer de ces modèles. |
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QU'APPORTERAIT UNE GESTION DU TYPE PRO SILVA ?
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Tout d'abord la prise en compte des éléments intéressants de ces types de mélange, et qui se résument à :
- une qualité de bois, due à l'élagage naturel de bois fins indéniables
- une protection relative des châtaigniers, dont on peut penser qu'elle a un rôle important par rapport à la roulure, si tant est que le vent puisse influer négativement sur ce phénomène
- une protection des sols évidente dès lors qu'il s'agit de terrains humides ou qui sont envahis par la fougère dès que des coupes rases sont pratiquées.
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Economiquement :
- le premier avantage est la régénération naturelle par semis de pin ou de feuillus, ou par repousse du taillis
- en deuxième lieu, la production de gros bois de pins, combinée à la production de grumes de châtaigniers (ou de chênes, voire de trembles ou de bouleaux) ne peut qu'améliorer le rendement et diminuer les risques en cas de dépréciation du marché pour l'un des constituants du mélange
- enfin les économies réalisées sont notables dans ces cas de figure, car la plantation ou le semis de pin sur ensouchement de châtaignier nécessite un investissement très important. |
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QUE SE PASSE-T-IL AUJOURD'HUI ?
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Ces potentiels gratuits, producteurs de bois de valeur sont en train d'être éliminés au profit du pin pur ou d'autres essences.
Les raisons principales en sont :
La facilité
- Cubage des pins, vente en bloc du taillis et dossier de plantation à suivre.
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Le manque de confiance
- Le châtaignier ne s'éclaircit pas à 30 ans, mais le pin oui. Le châtaignier est roulé, c'est comme prétendre qu'il pleut tout le temps en Bretagne ou qu'il fait toujours beau à Saint-Tropez.
- Les pins qui n'ont pas un H/D (*) inférieur à 80 ne peuvent pas tenir debout. Heureusement que cela ne se vérifie pas toujours.
- marquer des éclaircies, c'est trop cher, et il n'y aura personne pour les exploiter.
- Effectivement, la confiance ne règne pas en la matière, vue de ce côté de la lorgnette.
(*) coefficient hauteur sur diamètre à hauteur de poitrine.
En attendant : méditation sur des bois vendus en Indre et Loire. 1) Eclaircie de châtaignier 80 ans et au profit des meilleurs. Prix de vente 61€/m3 et purge de 50 cm à 1 m (ils étaient encore là parce que prétendument roulés).
2) Eclaircie châtaigniers sous pins (pins de 80/100 ans). Prix des pins 50€/m3 dont 10 % de tranchage à 107€/m3 plus petites grumes de châtaigniers de 27.- à 99€/m3.
Coût du marquage et de la vente des éclaircies : 152€/ha environ.
Produits réalisés à l'hectare : 915 à 1220€/ha et capital préservé continuant à produire sur la base des meilleurs sujets.
Coût de reconstitution : nul...
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QU'EST-CE QUI VA CHANGER ? |
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Si l'on adopte un rythme de passage en éclaircie (avec cloisonnement lors de la première mise en place), de 6/7 ans, avec prélèvement de la production de la période (pour un peuplement jugé équilibré), cela correspond tout à fait au rythme de passage préconisé pour le pin maritime pur.
Il n'y a donc rien de changé sur ce point.
De même pour le martelage, toujours effectué en abandon dans les deux systèmes. |
Par contre, le travail du forestier se trouvera nettement favorisé par l'intérêt qu'il pourra trouver à choisir, dans des arbres d'essences diverses, ceux qui seront le mieux à même de participer à l'aménagement du capital producteur et des revenus à en attendre. Le bois d'oeuvre se répartira sur les pins, les châtaigniers ou les chênes sans idées préconçues.
Dans certains cas, l'absence de protection contre les dégâts de gibier pourrait constituer un avantage notable et un changement d'attitude par rapport à ce souci devenu une généralité en forêt.
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EN CONCLUSION
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Que ce soit en matière de pins maritimes, de chênes, de châtaigniers, produire ces bois ne veut pas forcément dire de les produire seuls, et d'autant plus qu'il est très rare qu'il n'y ait qu'une seule essence adaptée à un milieu donné.
Les pins maritimes, hors territoire spécifique des Landes de Gascogne, pour l'instant, ne dérogent pas à cette règle élémentaire, et une conduite basée sur la qualité, la constance du capital producteur et la diversité des productions peut très bien leur être appliquée à partir des principes développés par PRO SILVA.
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